Textes

Berta Sesé, un univers plastique cosmique

La jeune artiste catalane Berta Sesé s’inscrit dans une déjà longue lignée de peinture abstraite lyrique, qui s’éloignant de l’espace construit et fermé du cubisme et du néoplasticisme, déploie sa polychromie dans un espace ouvert, en expansion, dilatable à l’infini, diaphane et profond. Mark Tobey et Mark Rothko sont les grands représentants de ce mouvement. Mais Berta Sesé s’y inscrit avec une personnalité et une originalité remarquables, dues au rapport intime qu’elle établit entre sa peinture et le cosmos. Les titres qu’elle donne à ses séries, Chimies de l’Ether, Champs magnétiques, Dimensions cycliques, indiquent que les jeux de lumières et de couleurs dans son œuvre, avec des fonds de gammes froides dégradées qui sont comme des ciels infinis, où apparaissent harmonieusement avec douceur des strates de couleurs complémentaires qui se fondent imperceptiblement les unes dans les autres, ont quelque chose à voir avec l’énergie cosmique. Les titres des tableaux, par exemple « He2″  « N7 08 »  établissent un rapport direct entre la formule d’un élément chimique et sa couleur lorsqu’il apparaît dans l’espace et sur la toile. Dans cette vibration chromatique de l’œuvre, il y a quelque chose qui rappelle la danse vibratoire des éléments chimiques, les forces cosmiques, magnétiques de l’univers, et plastiquement les aurores boréales. Mais on peut aussi y trouver à la fois une dimension spirituelle et une dimension psychique, si l’on pense, comme Berta Sesé, qu’il existe un rapport vital entre l’homme et le cosmos, et que sa peinture contemplative, par l’harmonie visuelle qu’elle procure, est un vecteur de calme et de paix.

Comme je l’avais écrit à propos de la peinture de Fernando Lerin, un peintre catalan qui vient de nous quitter, un « nuagiste », lui aussi inscrit dans cette lignée de « Colorfield painting », poétique et musicale, des profondeurs de la toile blanche, du silence, un monde surgit, une lumière, une vibration, comme une naissance, éternisée par la magie, le mystère de l’art dans le regard de celui qui la contemple.

Elisée Trenc


« On ne pourra plus jamais dire : le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. Les états vibrationnels d’une molécule « connectés » par l’artiste Berta Sesé nous offrent ici bien plus que des motifs d’espoir, ils nous insufflent : « Tout est vibrant, Tout est conscient » .

Pdga (Pascale de Gail-Athis)

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